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Second sens

J’ ai croisé dans une auberge il y a de cela plusieurs mois un homme qui semblait avoir  dépassé sa 50ième année. Eminent spécialiste des courges paraît-il, par ailleurs visiblement de bonne éducation et agréablement cordial;  c’ est avec regret que je réalisai à cette occasion que ma condition d’ homme de route ne me permettait guère d’ être au fait des modes de la capitale. Après une longue et délassante discussion, nous nous en fûmes chacun reposer nos corps pour l’ éreintante journée de voiture qui nous attendait le lendemain, moi vers le nord, lui vers l’ Est. Les chevaux étaient inhabituellement silencieux, sans doute guère pressés de se retrouver attelés. Je retrouvai il y a deux lunes,plié dans ma sacoche, un manuscrit jauni provenant selon ses dires d’ une des bourgades apolitiques que l’ on trouve encore aux frontières de l’ actuelle Prusse, et qu’ il avait laissé à ma discrétion, me conseillant de le déchiffrer dès que l’ occasion me viendrait. Je poste ici, pour des raisons philologiques qui vous paraîtront j’ en suis certain évidentes, le contenu de cet étrange parchemin; avec l’ assurance j’  en suis sûr que d’ aucun saura y voir l’ esprit un peu archaïque et primitif commun à ces tribus au sédentarisme paraît-il mal vécu et dont les mots semblent avoir disparu, peut être un esprit fâcheux aura mal pris leur concept de « langue ». Il semble en effet qu’ ils aient dépassé certaines bornes liées aux contextes politiques de leur époque. Un Romain-michel qui se faisait appeler Si-Oran me dit un jour « D’ où je viens, où tout a été politisé, les véritables questions n’ ont plus de sens, personne ne les entend. Ils attribuent tout à des mots qui n’ ont plus leur contexte réel et se répondent à eux-même en système clos. Pourtant les questions politiques ne sont que périphériques à la métaphysique; tout a été décentré et je ne peux plus rester chez mes compatriotes romains… Ne pouvant plus me ranger à leurs discours, ils ne me comprirent plus et  je glissai de l’ « état gère », de natif à étranger, puis à danger… . Je partai donc sur les chemins de poussière où on se rencontre aujourd’ hui. » Quelque chose dans ce manuscrit me fait penser que c’ est quelquechose d’ analogue qui a amené les mots de ces tribus primitives à disparaître, malencontreusement et éphémèrement associés aux territoires visés par les princes de leur  temps… Qui passent tous avant leurs maux. Puissions-nous je l’ espère échapper à ce sort sordide :

 » Un doigt dressé, pieds piétinants, chaise claudiquante « msssssiiieeuuuuu mssieuuuuuu msiiieuuuuuu » on entend un sifflement irritant, suggérant une crise aigue de nycturie, contrastant le réalisme un peu onirique de la salle de classe… Le professeur, à la limite de laisser s’ écrouler les paradoxes identitaires qui lui font être « à un réel, à une salle de classe, à un cours pour 30 adolescents… » finit, agacé, par laisser échapper un « oui Charles (Heinz, Hailey ou Habib, les beaufs varient au fil des frontières géologiques ), tu peux y aller ». A la stupéfaction générale, quoique profondément indifférente, l’ élève ne va pas vidanger sa vessie lourde du programme reinal des 6 dernières heures, de la dernière tequilaspirine d’ avant dodo et du red bull-petite-ligne-de-rita-jameson’s d’ avant l’ arrêt de bus, mais laisse s’ évacuer, sans aucune transition tangible, ce flot de consonnes et voyelles qui de prime abord ne présente aucune structure pouvant être rapportée à un « sens »:
 » Le langage, élaboré pour « partager » une réalité et un vécu, pour construire une filiation, une identité, une « culture » et un ensemble de lois, explicites ou non, permet la « communauté » de plusieurs individus complices de cette « altération des sens » comme repère sécurisant dans quelquechose de trop mystérieux pour être rassurant. La vie, qui ne peut que vaguement être perçue comme un principe continu échappant à ce qu’ on peut imaginer… Est concurrencée au sein de cette hallucination collective par le langage qui régulièrement montre une propension à lui éclater la gueule juste pour le fun. Petite approche non-exhaustive, on trouve des mots comme « guerre » (c’ est quoi ce truc? vous connaissez des animaux qui font la guerre? Depuis des siècles on nous explique qu’ ils n’ ont pas de langage?!?… Termites et fourmis, pour les chipoteurs, ont depuis le modèle du prolétariat industriel bénéficié du statut « langage ») , « annihilation » (oui… bien sûr… la tortue a annihilé les lapins d’ un coup de carapace… qui a eu cette idée chelou?!?), « torture » (celui-là c’ est pour faire croire qu’ appliquer de la douleur à quelqu’ un, c’ est surtout une histoire de contexte; c’ est vrai c’ est tellement fendard comme démarche entre potes… ), « éducation » (ça c’ est… je sais pas j’ ai pas encore compris… j crois que ça a à voir avec nettoyer le cerveau et justifier un peu tout et n’ importe quoi… allez demander au réel ce qu’ il en pense un peu… vous n’ en reviendrez pas… aucun des modèles éducatifs n’ en est revenu… ), « littérature et morale » ( c’ est quoi ces trucs? en plus de la langue comme normée et normative il nous faut en plus une loi, écrite, à considérer comme au delà de notre raisonnement et de notre existence… c’ est pire qu’ une pub l’ oréal là… « Pour être encore plus vous-même, parceque je le vaux bien »…squelette marketing and co… 3ème pierre tombale Youri Cedex, service thanatopractofiction… allez au bout de vos ambitions, découvrez vous à nos liquides d’ en-beaux-moments, spécial offre confort: Lis-tes-ratures allongé au chapitre lit-c’ est-fun-et-re-ère… j’ en dis sans y penser que mes mots râlent… mais j’ entendis néanmoins un jour dire « l’ alité rature, état mot-râle… » qui m’ a fait réfléchir à la beauté des paradoxes, sèmes antiques en soi), « comme les autres » (ça sous entend qu’ une même personne peut facilement glisser d’ un côté et de l’ autre… il faut préciser ce n’ est pas le réel qui parle hein…), « frontières » (un truc pour justifier un racket sur ce que vous pouvez transporter comme objets, et pour le plaisir de se voir « refouler »; les boîtes de nuit ont repris le concept après avoir entendu Emile et Images « jusqu’ au bout de la nuit »…), « dernier jugement » (pour te convertir à la loi de ton papa imprimé que tu peux pas (sa)voir parceque tu as pas appris ma syntaxe vachement plus mieux tordue que la tienne et surtout te signifier que ça se discute pas…), « conscience et loi » (arrêtez moi si je me trompe… mais la conscience dépend directement du concept de « connaissance », compréhension d’ un contexte, voire d’ un réel… La loi c’ est quelque chose que l’ on est pas censé penser ni discuter… donc à quoi sert la conscience du coup? et surtout où est la place du réel dans cet imbroglio pharmaceutique?), « con, fusion, et science » ( c’ est probablement l’ explication la plus claire de toute la liste… regardez ce qu’ on peut faire avec des mots… 3 degrés de lecture… voire plus pour les poètes, moi j’ en ai vu au moins 6, score à battre… facile au fond… Non allez je vous en file un des moins évidents pour donner une piste, en plus c’ est un de mes préférés: « confus, si on naît sens »), « règne », « fonctionnariat du savoir », « télévision » (dans « allume la télé » tous les soirs en rentrant… c’ est quoi en fait qu’ on est supposé allumer? ), « non t’ as pas compris c’ est à moi d’ abord j’ étais là avant » (raisonnement infiniment discutable, surtout si l’ on cherche à penser le « temps »… mais qui nous fait appeler les structures sociales le « monde »,  et plus loin « l’ économie », comme si ça coulait de source…. jvois pas de source dans l’ économie, sauf ptêtre dans des bouteilles en plastique, et l’ argent ayant été longtemps des billets… il poussait en effet sur les arbres… qui d’ ailleurs se trouvent être des « propriétés » (l’ esclavage, qui d’ ailleurs n’ a pas disparu et tout le monde le sait, c’ est pas « posséder un être vivant »?)… maintenant il faut un ordinateur, mais c’ est toujours pas à tout le monde… par contre ça montre bien que c’ était une arnaque, les ordinateurs eux, ils étaient pas là avant…),  » j’ ai un argument j’ ai inventé un raisonnement en acier qui tire des projectiles qui éclatent ta logique, appelle ça… disons épistémologie belle et pieuse, c’ est marrant tu verras, jte laisse réviser avant de te faire la démonstration en police à caractères gras et en rouge globules sur la robe de ta femme qui finira dans mes flammes en fond bleu, haha » (explicite « lis rixe »), « gouvernement et services secrets » (ça c’ est pour consolider le concept de pouvoir selon Machiavel, « impose des lois, ne les suis pas »… à croire qu’ il touche encore des royalties…), »prévention offensive » (no comment), « justice » (hmmm… intéressant concept…), « législation » (c’ est comme quand on entend parler du père noël et qu’ on se retrouve à faire la queue devant un type portant un déguisement… on se sent un peu floué… mais bon si ça le rassure phalliquement hein…), « féminisme » (depuis son apparition enthousiasmante, rapidement relégué à un sens du genre « bataille sociale pour la reconnaissance des droits et de la liberté de l’ individu à être et vivre ses différences »… finalement le glissement opéré permet de considérer que ceux qui veulent être différents sont facilement corrigibles via la solution « rambo »… si vous êtes féministe et que rapidement vous sentez un objet contondant quelquepart où vous ne l’ attendiez pas, que vous sentez des chaînes et que finalement quelques mois plus tard vous accouchez d’ un nouvel amateur de jamaïcaine devant « guns and chicks » c’ est que vous vous êtes fait rouler par le langage… et l’ administration reagan… très rarement on peut aussi vous allumer et vous faire tourner, sur ces mots « t’ es à chausser »… y’ en a qui croient encore trouver chaussure à leur pied dans ces eaux rares… ),  « liberté » ( une langue est affiliée à une culture dessinée en négatif par rapport aux autres… liberté demanderait un déni et un stoïcisme qui ne porte pas encore de nom… un mot-doudou pour calmer révolutions et élans suicidaires? c’ est pas fini, ils en ont inventé un autre: « intelligence »… Ca c’ est pour les très très très fins… ça coute moins cher en allumettes finalement de pas les brûler… mais on leur a gardé un petit clin d’ oeil sémantique: leurs « lumières » nous « éclairent »… vicieux hein? ) « fraternité » (ça c’ est pour économiser certains enterrements… la metallurgie coûtait déjà assez cher…) « égalité » (ça c’ était… en fait on a oublié, maintenant on a mieux organisé: « concessionnaire », « golf », « ps3″, « colle »…), « imagination » (extrêmement violent celui-ci, il permet dans la pratique de stigmatiser ceux qui en font usage comme des gens « résidant » dans le fictionnel, niant ainsi que l’ imagination est simplement le procédé à l’ origine de toute langue, de toute société, de tout « commun », et que dans la langue, il n ‘y a pas de « réel » pour l’ humain sans imagination…), « chuilhéritieruniquededieucmoicmoijairaisonetjevousdésacraliseparcequepersonnemadonnéuneclaquequandjaipprislhabitudedutiliser-lalanguecommeanotherbrickinmyfuckin’walletj’attendsencoreleswormsmaisilsvontplustarder » (vous aurez reconnu Pink Floyd, auteurs de textes sacrés des années 80) ou autres « il est gentil », ou « ah mais non tu y penses pas, c’ est une question de sens commun là » (habile celui-ci… admirez le glissement d’ un sens commun nécessaire à l’ établissement d’ un lexique vers…. un sens commun à… quelquechose de plus vaste que le langage ?  ethnocentrisme, pensée unique… le voyage est gratuit) ou « chéri, tu te poses trop de questions, jveux des enfants, mais éteins quand même ta console » (sans commentaire)…). Cependant on observera que si ces jeux un peu particuliers ont un impact fort sur les manifestations de « la vie », sa nature profonde ne semble absolument pas tracassée… Un peu comme si le langage au fond ne pouvait rien faire d’ autre que manipuler les images qu’ il présente, par un accord tacite et purement fictif les associant à un « réel » qu’ il se donne ainsi l’ impression de toucher, et travailler de manière un peu obsessionnelle… (qui ici a passé des années à dessiner des bonnasses (s)en(s) string et des seins trop jolis trop mignons? allez, allez, levez le doigt… non, le doigt, analphabète… ok, continuez un bon dessinateur ça peut coucher plus vite… ou pas du tout en fait, ça a rien à voir… analogie donc…). »

(ici on entend une voix un peu trop forte pour être sincère étaler un « anale-logique? », immédiatement étouffée par des rires nasaux et la suite du flow de notre premier « verbe »; les rires nasaux se referont entendre par la suite à chaque occurence du mot « analogie » (rires nasaux… ad libitum, retenons simplement que rendant livides beaucoup de dictaphones dénués de libido sciendi le bide anal fut lexicalisé))

 » Pour synthétiser, les mots et le lexique, outils symboliques, suivent une logique assez vulgaire d’ opposition, attribuant un opposé, rarement une nuance, surtout quand il devient nécessaire de séparer deux signifiés ne permettant en aucun cas de s’ approcher de la fiction nécessaire à la perpétuation de la tradition… ( par exemple, Français a pu devenir royaliste et républicain, Alsace et Lorraine, ou résistant et collabo, sans que les quiches soient foncièrement différentes… ni la tolérance ou l’ humanisme moins monnayable; variante d’ épouse et salope que l’ on peut encore observer dans notre dicte-si-on-est-heureux , pour fantasmer en négatif le désigné lui-même (pendant que tu dessines, tu ne touches pas, il faut regarder scarface pour comprendre toute la différence entre un pinceau et… enfin, vous avez compris… un latino ambitieux affublé d’ un syndrome révolutionnaire-des-classes a expliqué cette novatrice nuance avec une éloquence qui n’ a guère tardé à rentrer dans les programmes rhétoriques scolaires, sans que le ministère n’ ait songé d’ ailleurs à rajouter un petit décret… ou un petit trait à la cantine… Poétiquement l ‘un de nos rejetons appellera ces nouvelles stripes « les petits des craies », la poésie est éternelle…))  A part une « culture », donc en négatif la valorisation d’ une « barbarie », et un système élaboré permettant un transfert fantasmatique du contrôle de « ce qu’ on ne peut connaitre » vers l’ homo sapiens… le langage n’ a pourtant pas enfanté grand chose… Jusqu’ ici, sans erectus et habilis pour casser la carapace de l’ oeuf, concept un peu singulier et demandant une capacité d’ abstraction que le sapiens semble avoir perdu en courant après politique, gouvernance, puis rente habilitante, le concept d’ enfanter se fout un peu de notre gueule de sapin (certains préfèrent l’ ébène, ou « montrer l’ ivoire »…) , gouaille érigée, et n’ a pas encore rencontré habilement celui de filiation… En gros, la vie court dans des champs psychédéliques où le langage n’ ose pas entrer sous peine de se voir immédiatement réduit en poussières de perception, vides de « sème », comme de « chronos », ne semant rien que de la fascination dans l’ esprit d’ un poète (pouet-pouet a été une variante, langue d’ oc/langue d’ Oïl, troisième mi-temps…) sensible à l’ absurde et au désarroi. Celui-ci, habile et au stylo érectible, en passant d’ un premier objet à un second, crée la séquence, et sème quelques symboles en tripotant ses perceptions sans jamais leur imposer un savoir. Ca séduit tout le monde, c’ est vachement reposant le soir entre les bras de sa copine de savoir que quelqu’ un est déjà passé par là (enfin, non, pas par là, mais qui peut nous expliquer, vous aviez compris, hein… (analogique? ça vient de là?) enfin, il faut négativer une première proposition pour savoir exactement ce que signifie la seconde… c’ est pour ça que les conjoints infidèlent… mais je vous perds…). Un allemand d’ avant l’ image qui nous est restée du stade sadique anal a même osé parler de mors-vide-d’ été face à ce besoin de tout sécuriser et enfermer qui prend le pas sur les pots-et-tiques qui ont longtemps fait notre quotidien moins burlesque que bucolique. Sur-bliss-ime alliance entre deux langues, un jour un sapiens frustré décide de dire que tout le monde est un sauvage (le glissement du pluriel vers le singulier est typique du sapiens, admirez la graisse et la maîtrise du geste… l’ embonpoint emphatique pour le 2ème siège 2ème rang qui vient de faire des Gaulois un Vert-singe Ethos-rixé… A part quelques uns, les romains ça reste nos arrière-grands parents par génocide… et une bonne partie de nos arrière grand-mères violées par alliance… ), et de construire une mythologie qui l’ érige en habile au dessus de ce qui fait peur… (bah oui… des évènements sans narration pour savoir où ça mène, c’ est quand même flippant… codifions quelquechose pour se sentir en sécurité…) (imaginez, vous êtes un sapiens, sans aucune notion de la narration, donc du concept de cause/conséquence qui nous permettra par la suite d’ éviter certaines choses humiliantes, vous sortez de chez vous, et une hydre vous tombe dessus… pendant que vous vous videz des 2,5 litres de sang que votre coeur peut encore pomper sans espérer avoir un retour, vous apercevez une jambe coupée au niveau de la cuisse et un avant bras déchiqueté jusqu’ en dessous du coude, un crétin frisé et brun arrive alors, dans une peau de lion, défonce la tronche de l’ hydre prise par surprise grignotant ce qui semble être votre second fémur, étrangement en diagonale sous votre menton, et vous le voyez filer avec la main entre les fesses d’ Aphrodite… on devient mauve et pour moins que ça… ). Donc voilà. Le verbe est; et au moins  il me permet, moi, de même savoir que mon modèle, car au fond c’ est un peu l’ essence de l’ éducation… transmettre un modèle…( si la pluralité finissait par disparaître, ça pourrait presque marcher… heureusement le réel se fait en général la belle et la langue  n’ ayant plus rien à dicter les sert en les champs… ( ps: will rap for food…)) Sinon, le verbe nous a souvent amené à fictivement et tyranniquement contrôler ce qu’ on touche. Même si le droit de toucher passe législativement du côté de la fiction. Comprendre « notre rapport au réel se sécurise encore plus, la fiction ne suffit pas, on crée l’ offictiel, et l’ offictieux… » Quelques millénaires plus tard des enfants naissent violés dès la naissance par le langage et le règne du suppositoire (le « bouchon » qui empêche le sapiens de se sentir « fuir » de manière incontrôlée, le sphynx-teur in-sphynx-tif à l’ entrée du lit de maman… ou juste du fictif… l’ analogie est pas très compliquée à percevoir (oh c’ est bon les esprits mal tournés…)).  Et puis ils décident de se faire pousser des cornes et des guitares électriques , et des i-phones avec le numéro d’ un trafiquant pakistanais dans le répertoire, et des billets de 50 bucks roulés dans le nez pour détruire tout ça…. Avant eux y’ a eu des ploucs en costard-cravate qui balançaient des bombes nucléaires pour « protéger l’ intégrité nationale »…  Et ils se disent « fuck, we’ re just gonna be kids » comprenez « je me sens bien de ne pas dire les choses comme mes parents, je porte avec 30 glaires rieuses le simple bol de leurs dix fêtes ». Et moi vraiment là, jveux dire là, debout parceque i stand up for my right à rester assis et recevoir la divine filiation du verbe laïque et gratuit au nom de tous les tibétains et les somaliens et les rwandais et les zambiens et de mon cousin qui a peur des douches et enquille les jaunisses  depuis qu’ il a écrit « rimbaud a de beaux reins » sur le fronton du commissariat de Neuchatel, je me demande pourquoi je suis assis dans ce rêve de castrat bovin anesthésié à la sauce nuoc-nam pendant que la corée du nord et celle que pendant 200 ans la fille-sur-un-taureau-blanc-qu’on-oublie-de-préciser-à-quel-moment-elle-passe-sous-le-taureau-blanc a prise pour une chine font de la fricassée de signifiés dans des woks-gongs en bonzes centenaires refondus et qu’ on ne jure plus que sur ce que toutes les années de coït coeff-or-cé avec les USA post-rue-du-(beeep)-wall nous ont apporté comme doses de crack… ou de skaï… Ou comme goût du trottoir. Enfin, je me demande, quoi… »

Le silence dans la classe ne brise pas le « réel »… Il ne fait que briser le flot de dopamine entre l’ élan intérieur « perçu » par l’ élève et ce qu’ il a pu exprimer, abandonné à sa langue… On a surtout entendu quelque chose comme un vague mugissement de veau anquilosé et un souffle à peine perceptible sur l’ écran mental de chaque individu de la classe, suffisant pour suggérer une iroquoise à Jésus ou des tresses cachères à Victor Hugo, un algorythme à rentrer dans un logiciel de représentation de fractales, certains pensèrent sentir la présence d’ une absence de testicules, d’ autres l’ allégeance au ridicule, ou enfin peut être juste une scène d’ Anna Nicole Smith que rappelle le 6ème siège du second rang à plusieurs autres émules… Car les youngs ont toujours fermement défendu l’ idée d’ « un con sciemment collectif »… Enfin, même le siège 10 rang  2 en doute. Peu importe le discours, dans la France des années 90 on a appelé ça un « moment de solitude », le temps de l’ un d’ eux. Devant le néant qui l’ effraie brusquement, ne se sentant ni l’ âme d’ un téléscope ni l’ envie de porter les chemises de Nietzsche, l’ intrus sémantique se tourne vers le siège 3 du 4 ème rang, à côté de lui; et sussure « Greg file-moi une yeuf’ steup’ « . Enfin il se retourne vers le professeur. Ce dernier cherche les mots à poser sur une image mentale de la blonde du juste prix qui s’ est éventée les cuisses en poussant la roue du déterminisme… Sans qu’ il sache très bien à quoi attribuer cette idée. Le survêtement  alors se détourne sans passion, esquissant avec grâce un haussement d’ épaule avec flexion de la zone entre 2de et 5ème vertèbre, grésillant l’ antithèse de cette mélodie que l’ on reconnait chez ceux qui « pensent » leurs mots: « oaips en fait, non, en fait j’ vais pisser hein, merci mr, jreviens ». Car la langue a ça de vrai que le texte dépend un peu de qui l’ écrit et totalement de qui le lit. Enfin, non, mais quelque chose comme ça. Quelque chose comme un pétard mal éteint… Peut être depuis bien plus que 150 ans…

Morale, pour les inconditionnels du classicisme animalier, puisque probablement on peut considérer ce qui précède comme ineffable : « Il était une fois, il y a très très très … disons depuis Stephen Hawking… Si on doit utiliser une langue, son origine d’ objet servant à tempérer, découper, reconstruire, dédramatiser, apprivoiser, enchainer ou fuir un réel qui n’ utilise ni syntaxe, ni lexique, ni expression du temps, ni opposition entre les choses, ni rhétorique, ni sémantique, ni logique, ni narration, ni n’ exprime même clairement que l’ on soit de même « nature » que lui… A part peut être quand on devient « ab-scient » pour les autres… La langue nous oblige à biaiser ou contraster les sens qu’ elle implique… L’ affliction jusqu’ à aujourd’ hui est ce qui nous a permis d’ accepter, penser, écrire le réel. Le faire nôtre avant qu’ il nous fasse définitivement sien. Histoire d ‘oublier un peu quelle sacrée frousse ça fout d’ être « inconscient » des codes esthétiques (science ou autre… les codes que l’ on cherchait à connaître semblent ne pas en être… probablement un autre mot pour désigner quelque chose qui encore se situe au delà du langage… comme la plupart de ce qui nous entoure et de ce que l’ on a vulgairement recouvert de sens qui au fond ne font… qu’ illusion) dans lesquels un auteur sadique nous a filé un cerveau-à encre sans autre indication… que finalement la tendance, difficile à assumer, à tout « fictionnaliser ». Certains, souvent les plus sensibles, en font parfois une activité plus ou moins acharnée. Jusqu’ ici ça fait des tas de petites lettres qui s’ agrègent, plus ou moins heureuses, et engraissent des fonctionnaires embauchés pour ne plus savoir lire… et tellement trop beaucoup de papiers à remplir pendant très très très longtemps… » Le réel, lui, indolent, se détend, il a cédé les droits narratifs à l’ affliction qui depuis la nuit des temps, caméra en main, invente la représentation unique et tape des lignes sur les cuisses de Schwarzy partageant les rushs et quelques seringues en négatif avec Disney. Et les droits au monobovinisme doré.  Mr plume, écrivant public, (écrit-vain m’ a toujours paru un peu cruel en tout cas pour ceux qui sont encore en vie et commettent encore des démarches esthétiques… même si le terme a tout pour ressembler à terme à un cimetière des éléphants avec leurs grosses paluches pleines d’ encre qui finissent par embrasser le réel dans sa « surnature » hors du langage… De vieux morceaux d’ ivoire caressés par les écrits-vents du jour dans une poésie qu’ aucune culture ne  s’ approprie… Sauf peut être Lautréamont qui a botté le cul de qui-on-n’-ose-dire-le-nom, au prix du sien) même s’ il n’ était pas foncièrement fan de l’ école du micro d’ argent, se surprend à penser, à l’écoute de son inconscient sélectif: « Eh, mais ça se passe un peu comme ça dans mon mac ».

Je me présente quand même. Oseur. Kaspar. Kaspar Oseur. On me rencontre plus souvent hors des sentiers. J’ aime bien me rouler dans les prés verbeux où paissent mes bêtes. Peintre paysagiste, naturaliste et philologien amateur, peuplant et partageant à loisir mes heures de travail. Malheureusement je n’ ai jamais eu de certificat de naissance, ni de carte d’ identité. Deux vers, deux voix m’ ont donné naissance et j’ en connus beaucoup d’ autres depuis. Elles ne portaient pas de stylo, ni papier,ni dépit… tant pis. (michel, mon hôte éphémère, n’ y est pour rien… il n’ est guère philologique le pauvre… ni ne comprend la musique et l’ humour… quelle tristesse… il ne parle même pas de U2 avec n’ importe qui…)  Sur ce, espérant vous avoir apporté un peu des écrits-vents que l’ on trouve  sur les routes, en cadeau parceque vous le méritez, et avant qu’ il ne se réveille, je m’ en retourne vers le nord et mes chevaux cliquettant au rythme des stances d’ hamlet… Ah! Un martini de la part de la robe rouge blonde et son saphir argentin? Allez pourquoi pas… La route, la route…  Déshabiller des réels, encore et toujours… Les toucher derrière leurs apparats et illusions, parfois un miracle, mettre à jouir quelque réel qui s’ était oublié, trop couvert, et devant le ciel rendu à sa nudité indicible (new, nü, quoi que plutôt non, nous etc… ). Oh! J’ aime ma langue. Une prière quoi…

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